Don à ses enfants de son vivant : combien puis-je donner sans impôt ?
La plupart des parents attendent. La transmission, on s'en occupera « plus
tard ». Sauf que ce « plus tard » coûte cher : à chaque année qui passe sans
préparer, vos enfants paient plus de droits le moment venu. En réalité, la
loi française permet de leur transmettre jusqu'à 131 865€ par parent et par
enfant sans aucun impôt, dès aujourd'hui. Voici comment, et surtout combien
vous pouvez donner selon votre situation.
Combien peut-on donner à ses enfants sans impôt ?
Trois mécanismes se cumulent, et beaucoup de parents n'en activent qu'un seul.
1. L'abattement de 100 000€ par parent et par enfant
C'est le dispositif principal, prévu par l'article 779 du Code Général des
Impôts. Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000€ à chacun
de ses enfants sans payer le moindre droit de donation. Un couple avec deux
enfants peut donc transmettre 400 000€ en totale
exonération.
Point clé souvent ignoré : cet abattement se renouvelle tous les
15 ans. À 60 ans, vous avez encore deux fenêtres pleines devant
vous (60 → 75 → 90). À 70 ans, vous n'en avez plus qu'une. Chaque année où
vous n'activez pas l'abattement est une fenêtre perdue.
2. Le don familial de sommes d'argent (don Sarkozy)
Article 790 G du CGI. Un parent de moins de 80 ans peut donner jusqu'à
31 865€ en espèces (chèque, virement) à chacun de ses
enfants majeurs, exonérés de droits. Cet abattement se cumule avec celui de
100 000€ et se renouvelle aussi tous les 15 ans.
Total par parent et par enfant : 131 865€ sans impôt. Pour
un couple avec deux enfants, 527 460€.
3. Le bonus exceptionnel 2026
La loi de finances 2025 a ouvert un dispositif temporaire jusqu'au
31 décembre 2026 : chaque parent peut donner 100 000€
supplémentaires par enfant (ou petit-enfant), exonérés de droits, à
condition que la somme finance la résidence principale du bénéficiaire
(achat dans le neuf ou travaux de rénovation énergétique), dans les 6 mois.
Cumul maximal en 2026 par couple et par enfant :
463 730€ sans aucun impôt.
Que se passe-t-il au-delà de ces abattements ?
Au-delà de 131 865€ par parent et par enfant, les droits de donation
s'appliquent selon un barème progressif (art. 777 CGI) :
Tranche après abattement
Taux
Jusqu'à 8 072€
5 %
De 8 072€ à 12 109€
10 %
De 12 109€ à 15 932€
15 %
De 15 932€ à 552 324€
20 %
De 552 324€ à 902 838€
30 %
De 902 838€ à 1 805 677€
40 %
Au-delà
45 %
Exemple concret : un parent donne 250 000€ à son enfant
unique. Après l'abattement de 100 000€, il reste 150 000€ taxables. En
appliquant les tranches : 28 194€ de droits à payer.
Sans préparation, le même patrimoine transmis au décès aurait coûté plus,
parce que vous n'auriez pas pu cumuler les renouvellements d'abattement tous
les 15 ans.
Quels sont les vrais avantages d'une donation ?
Au-delà de l'optimisation fiscale brute, donner de son vivant offre trois
leviers que la succession au décès ne permet pas :
Le renouvellement de l'abattement tous les 15 ans. Donner
à 60 ans permet de redonner à 75 ans, et encore à 90 ans. Trois cycles
complets, soit potentiellement 300 000€ par parent et par enfant sans impôt,
contre 100 000€ une seule fois en cas de transmission au décès.
La maîtrise du moment et de la forme. Vous choisissez quoi
donner (argent, immobilier, parts de société), à qui, et selon quelles
modalités (pleine propriété, nue-propriété seule, donation-partage). Au
décès, c'est le notaire qui applique mécaniquement la loi.
La paix familiale. Une donation préparée vous permet
d'équilibrer les transmissions entre vos enfants, d'anticiper les
déséquilibres (un enfant qui a déjà reçu de l'aide pour acheter sa maison,
un enfant en situation plus fragile), et d'éviter les conflits de partage
au moment du décès.
Quelles sont les démarches ?
Trois cas selon ce que vous donnez :
Pour un don de somme d'argent : la déclaration se fait
depuis le 1er janvier 2026 exclusivement en ligne, sur
impots.gouv.fr (formulaire 2735). Délai : 1 mois après le don. Pas de
notaire requis.
Pour un don de bien immobilier ou de parts de société : un
acte notarié est obligatoire (art. 931 du Code civil). Le notaire rédige
l'acte, calcule les droits, et procède à l'enregistrement. Pour aller plus
loin sur ce cas, lisez notre guide du
démembrement de
propriété et de la donation en nue-propriété.
Pour une donation-partage (répartir entre plusieurs enfants
en une seule opération avec valeur figée au jour de la donation) : également
chez le notaire.
Lignad prend en charge l'ensemble du parcours : estimation, choix des
leviers à activer, coordination des actes notariés quand ils sont requis,
déclaration en ligne pour les dons manuels. Vous n'avez rien à organiser
vous-même.
Quelle stratégie selon votre situation ?
Patrimoine entre 200 000€ et 600 000€ : activer
l'abattement de 100 000€ par parent et par enfant suffit dans la plupart des
cas. Forme la plus simple : don manuel d'argent, déclaration en ligne.
Patrimoine entre 600 000€ et 1,5 million d'euros : combiner
abattement classique et don Sarkozy. Si une partie est immobilière,
envisager la
donation en
nue-propriété
pour transmettre la valeur économique en payant des droits réduits.